La scolarité des grands
et leur diabète.

par le Dr. Elisabeth PRAUD du Mans.

C'est l'âge de tous les risques!

Il suffit de les connaître.
Le plus souvent, l’adolescent concerné les connaît très bien
et le plus souvent aussi, les gère très bien,
mais parfois il les sous-estime.

Le plus simple, est de suivre sa journée :

- Le petit déjeuner pris trop tôt, rapidement et trop léger, et son risque d’hypoglycémie secondaire (attention aux trajets en mobylette ou en scooter).

- La pause de 10 h trop brève (ou le regard des autres ?) gênant la collation de 10 h avec le risque d’hypoglycémie vers 12 h.

- L’horaire variable du repas de midi selon les emplois du temps : tantôt 12 h, tantôt 13 h ou 13 h 30. Le passage à un schéma à trois injection est souvent nécessaire, mais il faut avoir un lieu où faire l’injection de 12 h ou 13 h.

- Les cours se terminant tard l’après-midi, et entraînant un goûter tardif avec sa conséquence d’hyperglycémie de fin de journée. Une insuline de courte durée d’action injectée au stylo juste avant le goûter pendant les horaires scolaires peut être conseillée.

- Le stress des contrôles et des examens, facteur d’hyperglycémie.

Parmi les multiples préoccupations de l’adolescence, les préoccupations scolaires ne sont pas les moindres et font quelquefois passer au second plan certaines contraintes de surveillance (analyses d’urines, carnet…) avec le risque de déséquilibre, voire même de cétose. Il faut essayer de faciliter le traitement le plus possible : stylos injecteurs, lecteurs très rapides, mélanges diminuant le nombre d’injections du matin et du soir, et rendant acceptable une injection à midi ou au goûter.

- Les horaires de travail ou apprentissage ou l’intensité d’un travail physique auxquels l’adolescent n’était pas habitué peuvent poser problème.

Situations concrètes :
- Les horaires des apprentissages en restauration : horaires des repas difficiles à gérer.
- Longs trajets en mobylette, en scooter sur une nationale pour se rendre au lieu de stage.
- Travail nécessitant l’utilisation de machines ou l’exposition à des situations physiques dangereuses (menuiserie, maçonnerie) ; faire très attention aux risques d’hypoglycémie.

- Les voyages scolaires et les activités sportives font partie de la routine et ne posent plus guère de problèmes. Attention toutefois aux hypoglycémies, même si le parapente, la planche à voile et les sports à risque extrême ne font pas partie des programmes scolaires.

- Les sorties nocturnes des adolescents ne font pas partie de la vie scolaire : les excès d’alcool, le tabac, les drogues diverses et la conduite automobile à risque sont tout aussi contre-indiqués chez un adolescent diabétique que chez un non diabétique.

Un mot par contre des problèmes d’orientation professionnelle.

Quelques professions où le risque encouru par une hypoglycémie serait majeur pour l’intéressé ou pour les personnes dont il aurait la responsabilité sont interdites. Elles sont peu nombreuses.

Tous ces problèmes pratiques énumérés parviennent dans la grande majorité des cas à être résolus. Il y faut de la souplesse, de l’imagination, de l’optimisme et de la ténacité. Les adolescents diabétiques n’en manquent pas. Leurs pédiatres diabétologues espèrent ne pas en manquer non plus !
Merci aux diabétologues d’adultes de prendre le relais après les consultations conjointes pour les adolescents entrant à l’université ou dans le monde du travail. Merci aussi à nos institutrices qui font les liens avec le milieu scolaire ! Merci aux Médecins scolaires pour leur aide pré-cieuse ! Merci à l’AJD pour sa documentation !

Dr. Elisabeth PRAUD